21/06/09

RSA : une scandaleuse suggestion

Le formulaire de demande du RSA retiré à la CAF (Caisse d’allocations familiales) ou téléchargé sur son site Internet interroge sur 5 pages les postulants au RSA.
Quel est le problème me direz-vous ?
Il est normal de remplir un formulaire et de répondre aux questions de l’administration ! Sauf que dans ce formulaire, s’est glissée une question très étonnante.

Télécharger le formulaire

Regardez plutôt en bas de la page 2, dans la rubrique "Vos droits à pension alimentaire".
Pour les célibataires vivant seul(e) s, vous pouvez lire:
«Percevez-vous une pension alimentaire ? » OUI – NON
~Si non, vous êtes susceptible d'engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire.
~Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche,
précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aide financière versée par eux…)»




Comment faut-il comprendre le terme "susceptible", ici employé "Vous devez..." ?

Jusqu'à présent, on parlait de «pension alimentaire» au sujet de parents séparés dans le cadre de la charge des enfants mineurs, ou bien majeurs mais poursuivant leurs études. Or avec le RSA, même les «enfants» de plus de 25 ans et non scolarisés sont concernés !

Reprenons, ce questionnaire vous informe insidieusement que si vous vivez seul, si vous n'êtes pas autonome financièrement et avez largement plus de 25 ans, la première chose à faire avant de demander le RSA est d’intenter une action en justice envers vos parents si ceux-ci ne vous aident pas déjà, afin d'obtenir une pension comme prévu par la loi...

Mais, si cette idée vous paraît incongrue et si vous ne le souhaitez pas, il vous est demandé de le justifier ! Choquant et inacceptable, c’est aussi ce que dit le journal Libération à ce propos :
« Une idée inacceptable pour la plupart de ces grands adultes de 30, 40 ou 50 ans qui ont touché le fond et pour lesquels le RMI d’hier et le RSA d’aujourd’hui constituent le dernier filet de sécurité. Là, ils se voient proposer par l’administration d’emmener leurs parents âgés parfois de 60, 70 ou 80 ans, devant les tribunaux.
Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif», stipule le formulaire. Donc, justifiez-le !
Le message semble clair, « vous voulez bénéficier de l’aide de l’Etat, allez voir plutôt du côté de vos parents ... la solidarité nationale est à ce compte ! Le procédé est choquant et vise à faire passer les postulants au RSA en parasites de la solidarité nationale.
Mais continuons à la page 3, vous pouvez lire à "Pensions alimentaires reçues" :
«Précisez qui vous verse cette pension (parents, amis, ex-conjoint…)» ! Les parents, mais aussi les «amis» sont pris pour cible , devront-ils eux aussi s'expliquer sur l'aide apportée.
C'est une intrusion inacceptable.
A la page 3 toujours, à la rubrique "Aides et secours financiers réguliers", il est demandé: «Précisez qui vous verse cette aide (parents, amis, ex-conjoint, associations…)».
Qu’est ce à dire ? Que les bénéficiaires du RSA se verront déduire demain sur le montant du RSA, les aides accordées par le secours populaire ou les restos du cœur ?!
Tout est examiné de près dans ce questionnaire, qui est bien plus indiscret que la traditionnelle déclaration aux impôts, la situation familiale (célibat ou vie commune, divorce ou séparation, enfants…) et les ressources (tous types de revenus, allocations, indemnités y compris Sécu, pensions, rentes, biens immobiliers, épargne disponible, aides financières de la famille ou autres…) .Votre vie y est regardée à la loupe.

De plus d'après Actu chomage, "ces informations, seront redemandées, tous les 3 mois afin que la CAF puisse tenir compte au plus près des «variations de ressources» et feront l'objet d'un fichier consultable par un grand nombre d'intervenants parmi les administrations sociales et fiscales."
A ce jour, nous ignorons les usages qui pourraient en être faits.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Le comble, le pompon, une aberration, pourquoi ? un hic se pose :
les personnes qui n'ont pas de logement donc pas de loyer, d'apl se voit amputer d'un forfait logement d'un minimum de 55 euros. Un exemple celui d'un SDF percevant avant le 1 juin 2009 le RMI soit environ 455 euros s'il passe au RSA environ 400 euros (car -55 euros FORFAIT LOGEMENT SPECIAL SOLIDARITE) c'est vraiment de l'ironie étant donné qu'il n'a pas de logement ou vit à titre gratuit chez un proche. Je ne comprends pas pourquoi cette évidence n'a pas sauté aux yeux des conseillers généraux ayant mis en place le rsa expérimental. On corrige une inégalité pour en créer une autre.